Economie collaborative – choix politique ou acte pragmatique ? Communication

En 2015, le terme d’ « économie collaborative » [« Sharing Economy »] a fait son entrée dans le prestigieux Oxford English Dictionnary, acte de reconnaissance d’un modèle économique et philosophique qui n’a cessé de prendre de l’importance (structurelle, politique, économique, sociale et médiatique) au cours de ce début du XXIème siècle. Mais au-delà d’une définition lexicale, la notion d’économie collaborative reste un concept hybride et malléable, ouvrant la porte à une multitude d’enjeux et d’objectifs pour les acteurs qui la pratique.

Quel lien aujourd’hui entre un citoyen cherchant à utiliser la machine à laver de son voisin et une société de financement participative pour des projets écologiques en France et à l’étranger ? Que dire alors, quand il s’agit de les placer sous la même bannière collaborative qu’une société comme Uber ? Pour comprendre cette éclosion naissante, c’est à la fois la conjoncture économique, la volonté de chacun de s’engager et la mutation numérique qui sont à prendre en compte de manière conjointe.

Des turbulences de la société de consommation individuelle à la naissance de la consommation collaborative

Chacun en en fait le constat au quotidien, la logique de l’usage gagne du terrain sur celle de la propriété. Le déclencheur de cette nouvelle logique a été avant tout économique. Crise financière et difficultés économiques individuelles ont élu le partage – avec rétribution – comme une solution d’apaisement pour les possesseurs comme pour les demandeurs. C’est dans la même logique que les entrepreneurs qui n’arrivaient plus à s’insérer dans les schémas rigides du financement ont trouvé dans l’économie collaborative une nouvelle voie pour la création et le développement d’entreprise. En ce sens l’économie collaborative serait donc un signe d’intelligence pragmatique !

Un nouveau modèle dématérialisé, basé sur la confiance, qui correspond à notre besoin d’éthique

La recherche de sens, nourrie par une crise non seulement financière mais aussi morale a donné aux acteurs l’envie d’interagir autrement, avec le numérique en dénominateur commun. Son corollaire, tout aussi important, a été celui de la confiance. Confiance dans l’accueillant, le préteur ou le prestataire de service, basé sur une expérience et une histoire client spécifique et partagée, elle permet aussi à chacun d’éviter les pièges d’un partage trop dérégulé. Aujourd’hui, l’éthique et le partage se sont étendus à l’économie. Projets d’entreprises solidaires, programme environnementaux, le partage des valeurs et des moments de création de valeur est au cœur du collaboratif. En ce sens, l’économie collaborative serait donc un choix politique, au sens philosophique du terme.

Un modèle hybride à questionner en permanence

Au départ  plutôt désintéressé, le collaboratif est devenu petit à petit financier pour faire apparaître le nouveau modèle hybride que nous connaissons aujourd’hui. L’ubérisation de notre modèle économique semble se rapprocher de manière inéluctable. Côté entrepreneur, il s’agit d’une indéniable opportunité de développement économique où tout est possible car très peu est réglementé. Côté usager, c’est l’impression libératrice que les services et les produits redeviennent accessibles et adaptés aux nouveaux modes de vie. Mais au-delà d’une véritable rupture multisectorielle (mobilité, alimentaire, administration, culture…), ce modèle apporte également son lot de profonds questionnements sociétaux. Plus que les secteurs, ce sont avant tout les structures qui sont interrogées : modes de production, statut salarial, code du travail, modèle de protection social… L’économie collaborative, par sa puissance créatrice et marketing autant que par sa croissance exponentielle, bouscule tous les codes et pose les questions a posteriori. Tout l’enjeu pour notre société est d’être capable de se poser dès aujourd’hui les bonnes questions pour en faire un modèle juste et redistributif, faisant ainsi de l’économie collaborative autant un choix politique qu’un acte pragmatique.

 

Pour plus d’informations :


Avatar de Addi Aouragh
Addi Aouragh

Diplômé de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et spécialisé en communication politique locale, Addi rejoint Equancy&Co en 2013, après avoir mené différentes missions de communication externe, notamment au sein de la direction de la communication et du développement des ressources de la Croix-Rouge Française. Au sein d’Equancy&Co, il participe à des missions stratégiques de communication corporate, de relations presse, d’influence et d’e-influence après avoir assuré la réalisation de nombreux livrables dont ceux liés aux missions de veille législative, politique et réglementaire, ou aux dispositifs conséquents de veille offline et online comme celui de l’Inpes, autour des risques sanitaires exceptionnels. Aujourd’hui, il accompagne plus particulièrement le Groupe La Poste et l’Agence Centrale des Organismes de la Sécurité Sociale (ACOSS) dans la définition de leurs stratégies de communication ainsi que l’Etablissement Français du Sang dans sa stratégie de relations presse. Ses principales références sont : l’Inpes, l’Etablissement Français du Sang, l’AFISE, l’Union Social pour l’Habitat, La Poste, le Commissariat Général à l’Egalité des Territoires, la Caisse Nationale d’Allocations Familiales (CNAF), le PRODISS (Syndicat des producteurs, diffuseurs et salles de spectacles)

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *