La transformation digitale dans l’industrie du divertissement : enjeux & prospective Digital

La 2ème édition de la Maddykeynote, qui se tenait la semaine dernière à la Gaîté Lyrique, a abordé la question de l’innovation dans le secteur du divertissement. Comment ce secteur se transforme-t-il face aux nouveaux usages et aux nouvelles technologies ?

La première problématique à laquelle les acteurs du secteur sont confrontés, c’est celle de l’économie de l’attention. Les consommateurs étant de plus en plus sur-sollicités, mécaniquement leur attention se fractionne. De ce fait, l’enjeu d’innovation est clé : il faut garder un temps d’avance pour rester à l’esprit des consommateurs, provoquer les changements plutôt que les accompagner. La disruption dans l’industrie du loisir prend deux dimensions : le contenu, mais aussi le contenant !

« Content first » reste le leitmotiv, et l’exemple de Netflix, cas d’école sur le sujet, se retrouve dans tous les discours. Cependant, le géant de la production audiovisuelle n’est pas le seul exemple à suivre : Afrostream, la 1ère plateforme de diffusion et de partage de contenus sur la culture afro, a révolutionné l’offre en la matière. Et les géants du divertissement ont tout intérêt à se pencher sur ce genre d’innovation, comme en témoigne le partenariat entre la start-up et TF1 qui permet la diffusion des films de la start-up sur le site web de la chaine.

Au-delà du contenu, c’est de plus en plus le contenant, c’est-à-dire la manière dont les acteurs vont proposer de consommer le contenu, qui est l’objet d’innovation. Une fois de plus, le géant Netflix a su mieux que personne cerner les besoins des clients : le jour où l’entreprise a lancé son service de téléchargement temporaire hors ligne, son application est passée n°1 sur l’Appstore. De même, Minutebuzz a su répondre à de nouvelles attentes en termes de format, en pivotant pour passer sur du contenu intégralement vidéo, mais aussi en s’adaptant aux nouveaux comportements des Millenials : c’est ainsi que le site a été l’un des pionniers du f-commerce en créant l’application de social shopping Yakatag. Celle-ci permet de partager sur les réseaux sociaux ses coups de cœur et achats.

Enfin, l’un des grands chantiers du secteur passera par le développement de la réalité virtuelle (VR), qui marque le passage du divertissement cérébral au divertissement sensoriel. Medhi Sakaly, CEO de la World Gaming Federation, prédit l’arrivée prochaine d’une réalité mixte, qui mélangera VR et réalité augmentée afin de proposer une immersion totale sans le côté « solitaire », fréquemment reproché à la VR. Nous n’en sommes certes pas encore là, mais les initiatives se multiplient : création de Think Tank dédié comme Uni-VR, lancement de vidéos en VR comme la série Sergent James de TF1, ou encore Sansar, le projet d’adaptation du jeu Second Life en réseau social intégralement en VR.

Le digital a indéniablement entrainé un changement de paradigme dans le secteur : il s’agit d’une véritable prise de pouvoir du consommateur. Les utilisateurs aujourd’hui, et en particulier les millenials qui sont de plus en plus méfiants face à l’offre pléthorique, forcent le passage d’un divertissement subi à un divertissement maitrisé, voire co-créé. Aux entreprises de s’adapter à cette bascule du pouvoir car, comme le disait Darwin ‘Ce n’est pas le plus fort de l’espèce qui survit, ni le plus intelligent. C’est celui qui sait le mieux s’adapter au changement’.

 


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Axelle Raffin

Diplômée d’HEC en marketing, Axelle est consultante en stratégie marketing depuis bientôt un an chez Equancy. Après plusieurs expériences dans le marketing, d’abord en développement chez L’Oréal puis en opérationnel dans le retail, Axelle a rejoint Equancy afin de développer son expertise en stratégie. Elle travaille notamment sur des problématiques de Marque Employeur et d’optimisation du CRM chez AXA et Disneyland Paris.

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