L’analyse des données personnelles : une pratique à craindre ou une chance à saisir ? Data

Le Big Data est à la mode. Ce terme est évoqué de manière récurrente dans les médias, comme dans le débat public. Il est parfois décrit comme une nouvelle révolution industrielle comparable à la découverte de la vapeur, de l’électricité et de l’informatique. Cet enthousiasme contraste avec les inquiétudes relatives aux potentielles dérives portées par ces solutions technologiques.

Environ 2,5 trillions d’octets de données créés tous les jours

De plus en plus de projets sont lancés avec l’ambition de résoudre des challenges sociaux & sociétaux grâce à l’analyse de données et à des approches prédictives. Identifier les pompes d’eau en panne en Tanzanie ou réduire le risque de réadmission des patients dans des hôpitaux sont des exemples d’initiatives conduites par des organisations non lucratives comme DrivenData, Data4good ou Bayes Impact. Cette dernière, fondée aux Etats-Unis par le français Paul Duan, résume en une phrase sa vocation : « nous utilisons la donnée pour sauver des vies, améliorer les services sociaux ». La première mission de cette structure a ainsi consisté à réaliser, pour des firmes américaines de microcrédit, des algorithmes de détection de fraude et de prévision du risque de défaut de paiement.

De son côté, l’association Data4good regroupe près de 1 000 personnes qui travaillent aussi sur l’utilisation des données afin de résoudre des problématiques humanitaires. Un de leurs projets consiste à améliorer la répartition de la demande et la collecte de denrées alimentaires ainsi que l’organisation des bénévoles au niveau des centres français de la Croix-Rouge.

Le domaine de la santé, est l’un des domaines les plus impactés par le volume croissant de données personnelles.

L’émergence de l’e-santé, de la télémédecine, ou encore d’outils de traitement Big data modifient en profondeur les prestations de santé & la relation médecin-patient. Citons l’application développée par une équipe d’étudiants de l’Université Johns Hopkins pour diagnostiquer l’origine d’une pneumonie : leur outil simplifie le diagnostic en exploitant des données comme l’âge de l’enfant ou le nombre de virus et de bactéries détectés dans le prélèvement effectué par exemple. Le volume des données traitées et leur comparaison permet de déduire la cause la plus probable et le traitement approprié. Avec cette technique, les médecins ont aussi accès à une visualisation des données. La même interface peut servir de plateforme de communication avec les patients qui peuvent poser leurs questions et trouver des réponses.

Ces initiatives diverses attestent que la data est un potentiel vecteur de progrès. Mais rappelons néanmoins l’importance de sensibiliser les citoyens sur les risques et sur leurs droits concernant l’utilisation de leurs données personnelles. Et, s’il faut certes rester vigilant sur les usages de ces données, il ne faut pas non plus être alarmiste :  l’exploitation de la data peut servir des causes sociales & avoir un impact positif sur l’environnement. Autrement dit, il importe de ne pas diaboliser en bloc toutes les actions exploitant des données personnelles.

Pour conclure, revenons sur la citation de Jeff Hammerbacher, data scientist chez Facebook : “Les meilleurs cerveaux de ma génération réfléchissent à la façon dont les gens cliquent sur des pubs. Ça craint” Finalement, l’avenir nous prouvera peut-être qu’il n’y a pas de quoi se lamenter : la science de la donnée pourrait bien être une source majeure de progrès.

Pour ce faire, l’un des enjeux des prochaines années consistera à construire et encadrer de nouvelles formes de coopérations entre des acteurs aux profils différents : institutions, entreprises privées, acteurs de la société civile…

 


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Marie Guillerm

Diplômée du Master 2 Economie et conseils en Tic et E-business de l'Université de Rennes 1. Marie rejoint l'équipe de consultants marketing et digitale performance d'Equancy en 2016. Après avoir réalisé sa 3ème année à l'Université de Montréal, elle rentre en France et créé sa startup My Djogg. Forte de son expérience d'entrepreneur, Marie a pu acquérir sur le terrain des compétences en gestion de projet et analytics.

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