La data au service de l’industrie cosmétique Data

Alors que pour certains, l’association du numérique et du secteur des cosmétiques paraissait improbable, les marques ont, depuis quelques années, su saisir et tirer profit de l’enjeu que représentait le digital. En passant par la digitalisation de leurs points de ventes à une présence accrue sur les réseaux sociaux ou encore à une personnalisation guidée par l’intelligence artificielle, ce changement revêt de nombreux aspects. Aidées par des startups, ces dernières rivalisent d’inventivité, y compris l’industrie du luxe qui, réticente au départ, se lance à pleine vitesse dans la transformation digitale. A noter qu’en France, on recense plus de 150 startups cosmétiques dans le réseau French Tech.

Le makeup et les cheveux, pour mieux se projeter.

Suite à l’acquisition de la société ModiFace début 2018, l’Oréal annonce à présent une collaboration avec Facebook qui aurait pour but de permettre aux utilisateurs de tester virtuellement les produits de la marque. Le chiffre d’affaire e-commerce de la marque a progressé de 4,5 points depuis 2015, année à partir de laquelle la marque a pris le tournant de la beauté connectée avec “Make Up Genius”, une application permettant de reproduire le maquillage grâce à son smartphone.

La firme s’occupe de votre visage mais aussi de vos cheveux pour lesquels il est difficile de revenir en arrière une fois la décision de les couper prise, avec “Style My Hair”, une intelligence artificielle élaborée grâce au tracking et diagnostic capillaire de 220 000 images faciales.

La personnalisation, le maitre mot.

Les marques se veulent également conseillères afin d’orienter le client vers le meilleur choix possible, à l’instar de l’Oréal qui a choisi de se lancer dans le développement des outils de mesure connectés permettant de trouver la teinte de fond de teint parfait. Le système connecté de colorimétrie se base sur le propre algorithme de l’utilisateur pour trouver, parmi les 72 000 teintes disponibles, celle correspondant parfaitement à sa carnation.

Une personnalisation qui allie l’esthétique et la santé en jouant sur le mode de vie des utilisateurs.

La marque a également lancé via sa marque La Roche Posay sense, un capteur UV qui devrait être mis en vente d’ici 2019, afin de prévenir les complications liées au soleil. Posé sur l’ongle du pouce et associé à une application mobile, l’émetteur renseigne en temps réel l’état du capital solaire de l’individu et lui indique comment se protéger. Les données sont stockées pendant 3 mois pour assurer un suivi optimal.

Dans la même veine, Neutrogena, de part sa collaboration avec la startup “FIT skin”, propose cette année aux US pour 50$, un scanner de peau relié au smartphone. Une note et des conseils sont prodigués, un suivi est également assuré pour suivre les améliorations de l’état de la peau suite aux soins.

Enfin, toujours dans l’optique d’assurer un suivi et d’accompagner l’utilisateur, “care OS”, un miroir intelligent pour la salle de bain a été développé par une équipe française. L’objet se connecte aux équipements tels que la balance ou sa propre camera pour analyser l’état de la peau ou des cheveux de celui qui s’y regarde. A partir de ces données, des recommandations sont élaborées, basées sur les actions passées de l’utilisateur.

Une personnalisation qui allie l’esthétique et la santé en créant des produits sur mesure pour les utilisateurs.

L’Oréal a lancé le sérum à la carte. Il s’agit d’une boite noire fabriquant un sérum de correction sur mesure en fonction des besoins de la peau. Pour cela, l’AI se base sur les données de plus de 250 profils. La custom dose peut ainsi fabriquer des milliers de combinaisons uniques d’ingrédients.

Visiblement, le marketing digital est devenu une priorité pour le groupe qui a souhaité tester le niveau de 4000 de ses employés, comme Estée Lauder l’a également fait. La marque s’est associée à LinkedIn avec pour but d’améliorer les compétences relatives au marketing digital, au social media, à la gestion de projet ou l’analyse de data de ses employés.

Les marques investissent dans l’AI, afin qu’elle soit accessible à tous à partir du smartphone de chacun mais le développement de leur point de vente reste une priorité afin de rendre l’expérience client unique.

Henkel pense à créer un “Professionnal Salon Lab“, un salon de coiffure digitalisé qui découperait l’expérience client en trois grandes étapes. Tout d’abord ses cheveux seraient analysés par des capteurs lumineux qui transmettraient les informations à une application. Après analyse, cette application proposerait un aperçu 3D quant à une nouvelle couleur. Après validation, un autre appareil serait chargé de fabriquer le soin capillaire.

Bourjois a lancé récemment la “lip room” au Forum des Halles se résumant à la découverte de l’expertise lèvres de Bourjois et à des conseils personnalisés sur une tablette à destination de la clientèle. L’application “le dressing des lèvres” propose des recommandations, trois types de rouges à lèvres en fonction de sa carnation et de ses gouts. A toutes celles qui n’aiment pas essayer les produits cosmétiques déjà utilisés, le Miroir Magique devrait vous séduire. Les capteurs de ce miroir détectent le produit que vous tenez dans la main et renvoie le rendu et la couleur exacte.

Bien sûr, nous ne pouvions pas ne pas mentionner Sephora qui a développé l’année dernière son concept de “new Sephora experience” : des boutiques connectées où l’on trouve des beauty hubs. Des iPads sont disponibles pour inspirer la clientèle avec la possibilité de tester des looks virtuellement et de trouver la teinte de fond de teint adaptées grâce au color profile.

Dans une logique d’hyperpersonnalisation, les marques ont bien compris l’importance de l’interactivité avec leurs produits, elle-même génératrice de données précieuses pour faire fonctionner leurs outils alimentés par l’AI. A voir si l’exploitation des données associée à l’intérêt que portent les marques à notre mode de vie, ne représente pas un risque de dérives et d’entraves au respect de la vie privée.


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Celine Tabet

« Diplômée d’un Master International en Marketing Digital et Communication de l’ESC Rennes, Céline a rejoint l’équipe Digital Efficiency en tant que Junior après une expérience de Web Analyst chez Thomas Cook. De Barcelone à Kuala Lumpur en passant par Dakar, elle aime voyager, découvrir de nouvelles cultures mais aussi danser sur du vieux r&b des 90’s - 2000’s.

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