ViVaTech 2018, chronique d’une mort annoncée ? Data / Digital / In the Air

Fin mai se tenait à Paris la troisième édition de Vivatech. Les chiffres affichés sont impressionnants : une fréquentation en hausse de 47%, plus de 8 000 startups, plus de 400 de speakers… En ce qui concerne les intervenants, c’est le même « effet waouh » : les personnalités prestigieuses se relayaient sur scène. Citons par exemple le Président Macron, Mark Zuckerberg, Satya Nadella… Cet évènement, orchestré par Les Echos et Publicis, s’affirme donc clairement comme un succès de communication. Mais, au fond, qu’a-t-on véritablement appris ?

Engie, Accorhotels, Airbus, EDF, La Poste, LVMH ou encore SNCF : l’industrie française s’était mobilisée pour prouver que l’écosystème tech français est résolument innovant et tourné vers l’avenir. Ces géants de l’industrie mondiale ne sont pas venus les mains vides et c’est avec leur garde rapprochée de startups qu’ils présentaient l’avancement de leur transformation numérique. Tous les mots du moment ont été prononcés dans les différents pitchs : blockchain, intelligence artificielle, réalité virtuelle ou encore assistants vocaux. Mais, les prises de parole restaient, hélas, bien souvent superficielles. L’intervention du patron de Facebook en est l’illustration parfaite : tous les sujets attendus ont été abordés… mais tout ce qui a été dit était aussi attendu ! RGPD, tech for good, fake news… Mark Zuckerberg a effleuré du doigt des sujets de fond, mais sans apporter de vision ou d’analyse à valeur ajoutée. Son discours était bien rodé après son audition devant le Congrès américain et le parlement Européen.

De plus, si le foisonnement de jeunes pousses était certes impressionnant, leurs relations aux grands groupes ne sont pas toujours claires. Si les deux mondes cohabitaient parfaitement sur le salon, comment collaborent-ils d’un point de vue business ? Depuis la première édition de Vivatech, les choses ont-elles changé ?  Il semblerait que des projets plus concrets que par le passé unissent les deux mondes, mais l’efficacité et la pérennité de ces alliances posent encore question. L’écosystème tech semble tout de même se féliciter de ces collaborations entre startup & grands groupes même si la réalité est quelque peu différente. En effet, selon la nouvelle patronne de la French Tech – Kat Borlongan – et une étude réalisée par son entreprise, five by five, seulement 0,1% des budgets globaux des grands groupes était accordé à l’investissement en startup en 2017.

Enfin, Vivatech laisse songeur quant aux rapports de force internationaux en matière d’innovation. Présenté par certains comme un nouveau « CES », Vivatech se distingue des autres évènements français par sa dimension internationale. Le salon faisait la part belle à notre pays et avait pour ambition de souligner son potentiel à l’échelle mondiale. S’il est vrai que l’Hexagone connaît actuellement un vrai bouillonnement d’initiatives, il faut néanmoins garder à l’esprit la puissance des GAFAM et de leurs homologues chinois, les BATX. Quant à l’Afrique, elle était à l’honneur cette année avec un pavillon dédié, une centaine de start-ups et cinq pays invités.

En conclusion, il faut se demander si le gigantisme de ViVatech ne nuit pas à sa qualité. Celui-ci s’est transformé en véritable foire d’empoigne au point que les participants faisaient la queue des heures pour espérer pouvoir assister à une conférence sur l’une des grandes scènes de l’évènement. A quand une startup pour uberiser ce type d’évènement ?!


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Mathieu Bénardeau

Diplômé de l’INSEEC Bordeaux et après une expérience en régie mobile à Londres (Mozoo) puis en agence (KR Média / GroupM), Mathieu rejoint Equancy en Janvier 2016 et accompagne aujourd’hui Nissan Europe. Passionné par tout ce qui attrait au digital et technologie depuis petit, il est également amateur de marketing sportif et de sport en général. Cet intérêt se manifeste notamment par la création du blog lerdvsportif.fr en 2014 et de la pratique de la natation, course à pied et vélo lors de ses temps libres.

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